Le 25 mai dernier, le théâtre Mogador accueillait une prestation originale et unique, celle des élèves de la Classe Libre du Cours Florent. A cette occasion, famille et amis avaient fait le déplacement pour découvrir leur travail, mais aussi des artistes et grands noms de la comédie musicale. Mais les véritables stars étaient sur scène et nous ont offert un moment magique.
La classe Libre de Comédie Musicale du Cours Florent
C’est un projet un peu fou que cette classe libre. Chaque année le jury sélectionne, sur concours, une dizaine d’aspirants artistes de comédie musicale parmi les nombreux candidats pour leur offrir une année de formation supplémentaire (après leur cursus au sein du Cours Florent). Entourés d’artistes accomplis et en partenariat avec le théâtre Mogador, ils peuvent ainsi se familiariser davantage avec les plus grandes scènes, bénéficier de cours avec des workshops et développer leur talent.
C’est déjà la cinquième promotion et, si vous nous suivez sur Musical Avenue, vous avez déjà entendu parler des dix élèves qui la composent. Nous les avions découverts lors des spectacles de fin de cycle (Wicked et Titanic) en juin 2022, et nous avons pu les rencontrer à l’occasion des TFE en septembre dernier.
Au cours de ces derniers mois, ils ont participé à des projets prestigieux, notamment au Châtelet Musical Club en février et avril dernier, sous la direction de Jasmine Roy. Leur année s’achève au Théâtre Mogador et on imagine sans peine leur émotion de fouler cette scène mythique et d’arpenter les coulisses, croisant certainement sur leur parcours les décors et costumes du Roi Lion qui se joue toujours et pour lequel une troisième saison vient d’être confirmée.

Un tremplin vers l’excellence
Quelle progression en 9 mois ! Les artistes font preuve d’une grande aisance et maîtrise, que l’on ressent immédiatement par rapport à l’été dernier. Ils explosent littéralement sur toutes les facettes de leur discipline, et nous proposent donc un voyage musical pour les découvrir.
9 à la maison est construit comme un mélange de deux comédies musicales principales (Nine et Fun Home), pour évoquer les passions et conflits intérieurs. On ne sait dire où s’arrête l’interprétation et où commence l’autobiographie, en tout cas chacun s’empare avec force des personnages qui lui sont confiés, dans un cocktail de styles et d’époques. Si la cohérence du récit n’est pas parfaite, le fil conducteur est très clair et c’est autant une mise en avant des personnalités de chacun qu’une découverte de pièces musicales.
Puissance vocale, complicité entre les comédiens, danses, séquences théâtralisées, tout y passe. La revisite des œuvres nous fait passer du rire aux larmes (comme avec “Le Quai Malaquais” – Pas sur la bouche – et “Not My Father’s Son” – Kinky Boots). On plonge dans l’intimité humaine, dans le vivant. Toujours sur le fil entre fragilité et puissance, ce sentiment est renforcé par une mise en scène minimaliste. Peu d’accessoires et de décors, en effet, car l’accent est mis sur les artistes, avec des jeux d’ombres et de lumières sur les vêtements noirs. On se concentre sur l’essentiel : la vingtaine de chansons, les voix et les visages. Pendant 1h30, les jeunes artistes enchaînent de nombreux solos à la manière d’un piano-voix où chacun peut performer (notons l’accompagnement particulièrement appréciable du piano sur scène), mais aussi des duos et bien sûr des numéros d’ensemble chantés avec bande sonore. L’ouverture sur “Magic to do” (en français “faisons naître la magie” pour faire un clin d’œil au TFE de septembre dernier) donne le ton. Les numéros musicaux se suivent aussi bien en français qu’en anglais. “The Club” (In The Heights) marque un tournant dans la représentation, et les chorégraphies hypnotisent autant que les portés. Mêlant modernité et tradition, dans la droite ligne de la première moitié du 20e siècle de Broadway, le spectacle se termine avec un numéro de claquettes enchanteur et les harmonies du medley Anything Goes.

Assurément, cette promotion regorge de talents ; chacun à sa manière rayonne par son individualité, tout en créant l’alchimie avec le groupe. La standing ovation à l’issue du spectacle récompense la prise de risque de ces artistes, véritables professionnels sur lesquels nous garderons un œil, et que l’on espère retrouver très prochainement dans de nouveaux spectacles.

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